La perméabilité intestinale

La perméabilité intestinale :

La perméabilité intestinale est une altération de la muqueuse intestinale qui constitue habituellement une barrière étanche aux micro-organismes contenus dans l’intestin et aux macromolécules. Lorsqu’elle est endommagée il se produit un phénomène qui est responsable de nombreuses pathologies, que l’on regroupe sous le nom de syndrome d’hyper-perméabilité intestinale. Ces pathologies sont :

• Les maladies infectieuses et inflammatoires

• Les rhumatismes inflammatoires chroniques ;

• Les atteintes cutanées : psoriasis, acné;

• Le syndrome de fatigue chronique et la fibromyalgie ;

• L’hépatite et pancréatique chronique ;

• L’intolérance alimentaire ;

• Le déficit immunitaire.

Différents facteurs peuvent causer l’hyper-perméabilité : les troubles cités, qui peuvent aussi bien être une cause qu’une conséquence, la prise de médicaments et l’alimentation.

La métabolisation des médicaments qui entraîne une augmentation de la quantité d’oxydants, notamment une augmentation des radicaux libres, ceci ayant pour conséquence une élévation de la perméabilité.

L’alimentation : selon Jean Seignalet, la pollution alimentaire, le lait animal en grande quantité, les cuissons à plus de 110° écartent l’homme de ce qui était son environnement naturel. « Le blé né il y a 10 000 ans, répondait au nom de Triticum Monococcum et ne possédait alors qu’un génome AA à 7 paires de chromosomes, puis au fil des années par mutation, par recombinaison, on forme le blé tendre ou froment, hexaploïde, à 21 paires de chromosomes. Ces modifications opérées sur le blé sont monnaie courante dans le monde de l’alimentation. Celles-ci provoquent un changement protéique que bien des enzymes et mucines de l’organisme humain n’arrivent pas à dégrader, ou deviennent nuisibles après cuisson trop élevée. Ces déficits enzymatiques, ou la toxicité produite par la cuisson sont à la base de nombreuses pathologies nutritionnelles, des réactions allergiques, des troubles gastro-intestinaux. Tous ces signes nourrissent la perméabilité intestinale. »1. Julien Venesson, dans son ouvrage2 ajoute que la perméabilité est notamment régulée par une protéine, la  zonuline,  qu’on peut considérer comme une hormone et dont la découverte date du début des années 1990. La zonuline est fabriquée par la muqueuse intestinale. D’une manière générale, cette hormone, de même que les jonctions serrées, sont la cible privilégiée des toxines produites par des bactéries pathogènes comme par exemple lors de gastro-entérite. La zonuline régule les mouvements de l’eau (lors d’une gastro-entérite, l’eau est attirée au niveau de l’intestin, ce qui provoque une diarrhée). Elle régule également le passage des molécules extérieures et des globules blancs de l’intestin vers le sang et celui des bactéries ; la zonuline nous protège ainsi d’une colonisation bactérienne. Tout ceci montre que la perméabilité de l’intestin grêle est sous l’influence de la zonuline. À l’heure actuelle, on ne connaît pas encore tous les facteurs capables de perturber la zonuline et donc d’augmenter la perméabilité intestinale. Il est probable que certains produits chimiques environnementaux comme les perturbateurs endocriniens ou les pesticides jouent un rôle non négligeable. Mais l’alimentation semble le point le plus important. Au niveau alimentaire, peu d’études ont été menées, mais elles ont abouti à la conclusion que  l’aliment qui provoquait la plus forte production de zonuline est le blé moderne chez les personnes atteintes de  maladie cœliaque  comme chez les personnes saines, et ce, quelle que soit la sensibilité génétique.

1 Jean Seignalet, L’alimentation ou la troisième médecine, Ed. Du Rocher, 2012.

2 Julien Venesson, Gluten, comment le blé moderne nous intoxique, Ed. Thierry Souccar, 2013.

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Restauration de la perméabilité intestinale :

Au niveau alimentaire, il faut :

-Supprimer le gluten.

-Supprimer ou limiter au maximum tous les laitages, qui sont pro-inflammatoires.

-Faire cuire les légumes qui fermentent en plusieurs eaux : choux, oignons, etc. la première eau emporte certains glucides complexes fermentescibles. En général : limiter les Fodmap (aliments qui fermentent) 1

-Eviter les desserts, surtout les fruits, en fin de repas, puisqu’ils génèrent des fermentations ; reporter à 17h, loin du repas.

-Protéines carnées : privilégiez les volailles, poissons, crustacés, et oeufs.

-Eviter les crudités en grande quantité qui irritent l’intestin.

-Consommer des sources d’oméga 3 : poissons gras (sardine, maquereaux) et foie de morue (dans les mêmes rayons que les sardine) + Huiles : colza, noix, chanvre, lin (attention conserver au frais et ne jamais chauffer),  graine de chia,  pourpier, mâche.

En parallèle de l’alimentation, un certain nombre de nutriments à prendre en supplément sont nécessaires : glutamine, oligoéléments, acides aminés, vitamines.

La supplémentation:

Il est utile de faire un protocole contre la prolifération bactérienne avant de commencer la restauration de la perméabilité, cela contribuera à cette dernière.

Pour toute démarche concernant un réglage alimentaire et la prise de suppléments, des contre-indications existent et un accompagnement par un praticien de santé est nécessaire.

Anne-Lise Dufour

Extrait de mon mémoire de fin d’étude L’intestin au coeur de la Naturopathie –