Psychosomatisation et Symbolique des maux de ventre

Le ventre correspond à des représentations mentales, propres à chaque société, et à un langage symbolique fort. Il « porte » une importante somme de symboles, d’émotions et de sentiments inconscients. Michel Odoul, fondateur de la phyto-énergétique, Jacques Martel, psychothérapeute, ou encore Olivier Soulier spécialiste des sens et symboles du corps et de la vie, livrent chacun grâce à leur expérience et leur vision, une analyse de l’intestin en tant qu’organe symbolique ainsi que des maux qui l’entourent.

L’intestin grêle est qualifié de « lieu de tous les choix »1, qui correspond « à l’assimilation des informations qui arrivent à ma conscience et au fait de décider ce que je vais en faire »2 .Le côlon lui, nous parle d’élimination, « des choses que nous retenons par peur de manquer, de se tromper… de notre difficulté à cicatriser, à oublier les mauvaises expériences »3.

Ainsi, dans le cas de la constipation par exemple, Martel dira que cela manifeste « ce qui encombre », colère, jalousie, idées noires, mais aussi que c’est un besoin extrême de contrôle. On aurait affaire à une personne très « contrôlante » qui, par sentiment d’insécurité, s’accroche à des biens ou des idées anciennes. Tout comme pour Soulier qui explique que « le côlon représente nos préjugés », et exprime donc par la constipation, la difficulté à s’en séparer.

La colite, avec son suffixe en « -ite » représentant l’inflammation, parlera notamment de la colère. Une colère rentrée, frustrante, qui ronge de l’intérieur. Soulier parle de « luttes intestines », un combat entre nous et nos préjugés, entre refus et acceptation.

Mettre des mots sur les maux est un véritable processus thérapeutique pour la personne qui consulte. Et ces éléments sont pour nous un outil précieux d’analyse et de regard sur le consultant et ses intestins. Que disent-ils de lui? Quelle problématique est peut-être la sienne et comment la mettre en lumière pour y travailler?

Le travail autour du ventre n’est pas chose aisée pour le thérapeute ni pour le consultant, en parler fait écho à un certain nombre de limites et de tabous, et le toucher est un acte intime et une certaine confiance est nécessaire. Il ne doit surtout pas être pratiqué à la légère.

Nous plaçons mentalement, symboliquement, beaucoup de nous « dans » notre ventre, l’expression de « siège des émotions » qui est beaucoup utilisée, prend tout son sens. Notre regard sur lui aussi est modifié par la prise de conscience. La façon dont nous traitons notre ventre, dont nous l’écoutons en dit long, et prendre conscience de cela est en soi le début d’un processus de guérison et d’harmonie.

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 « Dans mon ventre il y a un labyrinthe, dans ce labyrinthe les paysages se succèdent, dans ces paysages mes sentiments voyagent.»

Anne-Lise Dufour

– Extrait de mon mémoire de fin d’étude L’intestin au coeur de la naturopathie

1 O. Soulier, La Digestion, Ed. Sens et symboles, 2015

2 J. Martel, Le grand Dictionnaire des Malaises et des maladies ; Ed. Quintessence, 2007

3 M. Odoul, Dis moi où tu as mal, Ed. Albin Michel, 2002