Le premier livre…

Ces jolies images libres de droits nous montrent un bureau propre et design sur lequel est posé un ordinateur portable ultra plat, une décoration moderne et les mains de l’écrivain, cet être indépendant et créatif qui boit beaucoup de café.
 
Je voyais celle ou celui qui écrit comme un personnage romanesque, sensible, qui a tant de choses à exprimer qu’il en a fait son métier.
 
Qu’en est-il du livre professionnel ?
Nous sommes naturopathes, thérapeutes, botanistes, professeurs, ou cuisiniers, femme ou homme d’affaire… Nous avons tous des choses à dire.
Le livre professionnel traitera d’un sujet de prédilection dont on a fait notre métier. Je parle d’intestin, de bien-être, d’alimentation car c’est mon métier.
Est-ce compatible avec ma vision romantique de l’écriture ?
Cette photo trouvée sur une quelconque banque d’images montre le bureau, mais le cadre coupe le plus important : la personne qui écrit.
Mon métier est naturopathe. Mais lorsque j’écris, que suis-je ?
 
J’ai écrit ce livre car j’ai des choses à dire ; et je ne l’ai pas écrit sur un bureau impeccable, dans une pièce calme, avec une éternelle tasse de « latte » bio qui se remplit telle une corne d’abondance. L’inspiration n’était pas toujours abondante non plus.
Je l’ai écrit je ne sais plus comment, entre les horaires de travail et la vie personnelle, dans un monde au milieu, qu’il faut entièrement créer pour qu’il existe. Je ne sais plus quelle boisson j’ai bu, ni à quelle heure, ni vraiment à quel endroit.
Le travail d’écriture est à la fois hors du temps et en plein dedans, il s’y ajoute tout comme il vous en sort.
L’espace d’un moment, vous oubliez l’écrivain romanesque, et aussi le métier que vous exercez, pour « être » l’écriture. Vous avez beau connaitre votre sujet par cœur, il y a tout à faire, tout à sortir, tout à agencer…Un livre, c’est une naissance.
 
Alors, le premier livre, l’aîné, porte indéniablement le stress de l’inexpérience, l’impression de repartir à zéro sur un sujet qui est pourtant votre quotidien, il porte les doutes, les concessions, mais aussi l’espoir, l’excitation de la nouveauté, et parfois l’indulgence. La bienveillance de dire : c’est le premier. Il n’est pas parfait. (Si on attend le parfait…est-ce qu’on agit un jour ?) Mais je n’ai pas de point de comparaison, alors il est beau, perfectible oui mais beau, petit aussi, mais grand dans ce qu’il porte. Je ne l’ai pas encore dans les mains mais je l’aime déjà.
C’est un aboutissement, mais aussi un point de départ.
 
Le livrer au monde est effrayant. Que va-t-il en faire ?
Je l’ignore, mais je sais aussi qu’il sera un lien de plus entre le monde et moi, qu’il créera un espace d’apprentissage et d’échange vers ce et ceux que je ne connais pas. Il fera aussi le lien avec une partie de mon être que je n’ai pas encore rencontré.
 
J’ai hâte de donner un peu de savoir et un peu de moi.
Et j’ai surtout hâte qu’il m’apprenne ce que je ne sais pas.
 
Livre à paraître, Happy Intestin- Mes outils de naturopathe, Anne-Lise Dufour